Du neuf simplement – Montpellier, sa danse, son musée et son maire

 

 

Nouvelles énergies côté Montpellier Danse

Nouveau graphisme, réussi et des plus actuels, appliqué aux affiches, à la communication numérique et au programme papier. En revanche son contenu à lui est des plus sages, balayant un large éventail d’esthétiques. Le souci ne réside pas dans le choix d’une telle ou telle autre mais en ce qu’elles mettent en jeu, ou pas. Emotions qui flattent et qui frappent ou sentiments qui marquent soit la fameuse poreuse et dangereuse frontière entre populaire et populisme. Plus on s’en approche et plus elle s’éloigne, jusqu’à se déliter. Ces avancées sont des plus pernicieuses, à l’image de la longue évolution du redressement du corps chez l’homo erectus, son élévation, balayée en quelques petites années par les téléphones portables qui déforment l’espèce en une humanité toute tête baissée.
Nouveau pari donc de la nouvelle et généreuse direction de l’Agora avec ouverture des lieux et peut-être ouverture au public des plus pluriels. En fin de spectacles sur scène ou dans la Cour, on dansera souvent… et on oubliera beaucoup. Gros succès assuré, « ça fait du bien » entendra-t-on. Nous avons déjà expérimenté l’utopique Art pour chacun, trop rapidement traduit en Art pour Tous, actualisé dorénavant en Tout pour Tous qui fait frémir les limites et pathologies de notre précieuse démocratie.
Pas de malentendu, il ne s’agit pas de stratégie ni d’idéologie de la part de la nouvelle équipe mais de vision. On verra bien.

 


Au sein de cet éclectique et revendiqué programme – Y en aura pour tout le monde – une perle et donc une rareté, que l’on a découvert avec l’hypnotique « Shiraz » en 2024 puis déjà retrouvé l’année suivante avec l’époustouflant solo de Katherina Jitlatda Horup Solvang dans « Of the Heart ».

« Qu’est-ce qui soudain met le corps en mouvement ? Pour répondre à cette question qui traverse son travail depuis Shiraz, Armin Hokmi propose cette nouvelle création pour onze interprètes. Contre toute attente, il invente un répertoire qui ne convoque aucune danse qui renverrait à des traces documentaires particulières, sauvées de l’oubli ou de l’invisibilisation de l’histoire. Ce qu’il veut faire sentir au public, c’est le désir de danser l’élan avant le mouvement, tel un bondissement qui provoque la danse avant qu’elle ne prenne forme et ne devienne langage. » écrit Isabelle Danto toujours très inspirée.

On connait la sensibilité du chorégraphe, qui fuit toute sensiblerie, et a contrario des concurrences spectaculaires, le pari est pris, ce sera l’intelligence de cette édition de Montpellier Danse, celle dont émane la beauté, forcément.

« Bazm » de Armin Hokmi
vendredi 26 et samedi 27 juin à l’Opéra Comédie, Montpellier

 


Festival Montpellier Danse – Montpellier
46e Édition
jusqu’au 4 juillet 2026

 

 

Résultat de media training ou expérience transformée d’un premier mandat, Michaël Delafosse se défait d’un carcan sentencieux – dans le ton et vocabulaire usité –, héritage des modèles du siècle dernier, pour dire simplement désormais. Les arguments appuyés n’ont en fait jamais convaincu, les actions, elles, sont loquaces. Cette semaine, pour l’ouverture du Festival Montpellier Danse et celle de l’exposition Paulin au musée Fabre, l’heureuse surprise ne vint donc pas des nouvelles équipes nommées à la tête de ces vénérables institutions culturelles montpelliéraines mais de la simple et assurée prise de parole de l’édile réélu, lors de la visite de presse au musée Fabre, devant de très nombreux journalistes nationaux dorénavant séduits. Il est vrai que le maire aime le job, ça se voit et c’est tant mieux.

 

 

 

Nouveau champ artistique présenté au musée Fabre

« Né en juillet 1927 à Paris et décédé à Montpellier en juin 2009, Pierre Paulin figure parmi les plus grands designers français du 20e siècle, contribuant à l’histoire de la naissance véritable de cette discipline au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un pays en pleine reconstruction. Aujourd’hui, ses créations iconiques, notamment la Mushroom Chair (1959), la Ribbon Chair (1966) ou la Tongue Chair (1968) continuent à incarner la modernité et un futur intemporel dans l’imaginaire collectif.

Pierre Paulin a exploré toutes les façons d’être designer en l’espace de cinq décennies. Visionnaire, et exigeant, cette forte personnalité offre à travers son œuvre, ou son travail comme il préférait dire, un véritable voyage dans l’époque qui a forgé notre siècle, bouleversant les modes de vie et les technologies.

Forte de toutes les pièces majeures de cette personnalité unique, l’exposition montre comment son parcours exemplaire illustre et questionne la richesse de cette discipline plurielle et protéiforme, le design, que Pierre Paulin a toujours pensé d’abord et avant tout au service du public. »

L’exposition – première au sein du musée, consacrée au design – qui débute ce samedi 27 juin, avec un commissariat de Florence Hudowicz, conservatrice en chef du musée Fabre sous la houlette de Juliette Trey, directrice générale du musée, s’est pensée avec l’étroite collaboration du Fonds Pierre Paulin et en partenariat avec les Manufactures nationales et leur collection.
Différents moments rythment la rétrospective : Années 1950, Génération « Jeunes loups » / Années 1960, La foi en l’avenir et Incarner l’avant-garde / Années 1970, Le designer de l’Élysée et Le rêve américain et enfin Années 1980, Indémodable Paulin.
A noter que, restauré par le Mobilier national, le spectaculaire « Fumoir du Palais de l’Élysée » est présenté pour la première fois depuis 1974.

Jean-Paul Guarino

 


Musée Fabre – Montpellier
Le Design selon Pierre Paulin (1927-2009)
27 juin – 1er novembre 2026