Glenn Ligon à Carré d’Art à Nîmes – vernissage jeudi 23 juin

 

Le titre de l’exposition, « Post-Noir », fait référence à Post-Black, terminologie introduite par Glenn Ligon et Thelma Golden, directrice du Studio Museum de Harlem, New York, au début des années 2000.
Dans son essai du catalogue « Freestyle » au Studio Museum, une exposition collective de 2001 qui comprenait des œuvres de Mark Bradford, Rashid Johnson et Julie Mehretu, entre autres, Golden a écrit que ces artistes étaient « inflexibles sur le fait de ne pas être étiquetés comme des artistes ‘noirs’, bien que leur travail soit imprégné, en fait profondément intéressé, par la redéfinition des notions complexes de la négritude ».
Post-Noir est une traduction littérale du terme précédent, mais avec sa référence en français à des termes comme « film noir », Ligon suggère que tout terme qui en est venu à définir un moment historique, un groupe d’artistes ou une race de personnes est toujours sujet à révision, en particulier lorsqu’il est présenté dans un contexte culturel différent de celui d’origine.

 

Glenn Ligon est né en 1960 à New York. A l’origine, sa pratique artistique était centrée sur la peinture, en s’appuyant sur l’héritage d’artistes tels que Philip Guston, Cy Twombly, Robert Rauschenberg ou Jasper Johns ainsi que l’art conceptuel plus récent.
Ligon a très tôt cité du texte dans ses œuvres, en utilisant les mots au pochoir qui deviendront la marque de son œuvre. Il utilise un langage peint pour mettre en évidence les systèmes de valeurs sociales et politiques qui donnent un sens à ces textes et la manière dont ils sont modifiés ou soulignés par l’œuvre.

A Carré d’Art est présenté un nouveau diptyque monumental de la série « Stranger ». Il inclut le texte intégral de l’essai fondateur de James Baldwin de 1953, « Stranger in the Village », dans lequel Baldwin raconte son séjour dans un petit village suisse, où la plupart des habitants n’avaient jamais rencontré d’homme noir auparavant. Ligon utilise le récit de Baldwin, qui établit des liens entre les contextes culturels des États-Unis et de l’Europe, pour réfléchir à « l’antiblackness » et aux séquelles du colonialisme.
Une salle de l’exposition rassemble une sélection de néons « America ». Commencés en 2008, ces néons transforment le mot « America » en le recouvrant de peinture noire, en le retournant, en l’inversant ou en l’animant, le traitant comme un matériau linguistique à manipuler et à modifier.
Sont également exposées des peintures inspirées d’ateliers avec de jeunes enfants dans le cadre d’une résidence au Walker Art Center de Minneapolis en 1999-2000. Ligon a choisi des illustrations afrocentriques des années 1960 et 1970 que les enfants devaient colorier, puis a reproduit les résultats sur de grandes toiles pour créer une série de peintures intitulée « Coloring ». Remarquables pour leur couleur et leur figuration joyeuses, les œuvres de « Coloring » explorent la distance entre la créativité débridée de l’enfance et les notions conventionnelles du portrait, notamment en ce qui concerne des icônes telles que Malcolm X.

 

« Post-Noir » à Carré d’Art est la première exposition personnelle de Glenn Ligon dans une institution française – avec le soutien de la Galerie Chantal Crousel.
L’exposition occupe tout le plateau, niveau 2, présentant habituellement la collection. Pour rappel à l’étage supérieur « Parloir », l’exposition de Nairy Baghramian, a toujours cours et ce jusqu’au 18 septembre 2022.

 

Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes, Nîmes (30)
Niveau 2
« Post-Noir »
Glenn Ligon
Commissariat de Jean-Marc Prevost
24 juin – 20 novembre 2022